mardi 8 mai 2012

Ecrit par Mer Hubert VILLARME (1ère partie)

Le jeudi il y avait très souvent excursion dans les champs pour étudier les pierres. L’instituteur, Monsieur Charbonnier, était féru de leurs origines dont il inscrivait la date présumée sur leur boîte.

Il prétendait que la mer arrivait à Sainte-Sévère il y a des millénaires. Il s’intéressait également aux papillons qu’il présentait dans des boîtes en carton de couleur olive avec une ouverture vitrée.

Le matin nous étions réveillés de bonne heure par la cloche de l’église et par l’arrivée des chevaux à ferrer.

Le fer rouge sortant du foyer de la forge que le maréchal ferrant se dépêchait d’ajuster sur la corne du cheval, dégageait une odeur forte et acre. Une fois le travail terminé, le maréchal ferrant   allait trinquer avec son client, dans un des nombreux bistrots, tantôt chez l’un tantôt chez l’autre.

L’après midi, il forgeait des socs de charrue et des pièces diverses.

L’autre maréchal, Monsieur Teinturier, s’occupait, en plus de sa maréchalerie, de réparations de toute sorte, y compris des vélos.

Parmi les autres activités du pays, il y avait le charron, le bourrelier, deux sabotiers dont l’un faisait coiffeur, plusieurs épiciers dont mes parents qui étaient également restaurateurs;

Mon père vendait aussi dans les campagnes où il achetait à ses clients des œufs, du beurre, des fromages pour revendre au marché de Châteauroux.

Un deuxième restaurant était tenu par  Monsieur et Madame Raingon. Le mari faisait ses terres et élevait des bêtes, Il y avait aussi Madame Bouquin qui tenait le café-tabac et la cabine téléphonique.

Le charronnage était la partie de Monsieur Patrigeon voisin des deux maréchaux-ferrants. L’attrait pour nous, les enfants, c’est quand il plongeait les roues en bois pour  voiture hippomobile dans la mare proche de la maison Chervy, face à la maréchalerie des frères Giraud ; le cercle rougi monté sur les jantes surprenait par l’intense réaction provoquée par le feu avec l’eau.

Le bourrelier était proche voisin de Monsieur Teinturier, maréchal-ferrant. Les harnais et colliers, bases de son métier, lui procurait beaucoup de travail.

Les deux sabotiers en plus des sabots faisaient leur terre. Madame Jouhanneau élevait des chèvres et vendait les différents produits de sa basse cour; Leur maisons étaient sur la place du monument aux morts, face à l’église.

Monsieur Ragot, en plus de son activité de sabotier, était coiffeur le dimanche. Son épouse faisait de la couture.

On ne peut oublier le passage du Caïffa d’Ambrault et sa voiture à trois roues tirée par un gros chien. Son café était excellent. Il vendait aussi des épices.